"Nous avons été amenés, pour sauvegarder l'intégrité de nos rituels de notre "Rite Rectifié" et sauver en France la vraie Maçonnerie de tradition, à nous constituer en Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les colonies françaises."

Le 5 Dec. 1913 - E. de Ribaucourt

Le message du Collectif Edouard de Ribaucourt

Posté le: 30 mai 2013 | Auteur: | Commentaires fermés sur Le message du Collectif Edouard de Ribaucourt

Edouard Ferdinand Frédéric de RIBAUCOURT est le fondateur de la G.L.N.F. qui, en 1913, s’appelait «Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises».

Né en Suisse le 8 décembre 1865, dans une famille d’émigrés protestants, il est un universitaire brillant enseignant en France et en particulier à la Sorbonne…Il devient membre du Grand Orient de France à l’époque où celui-ci s’écarte de la réalité et de la conception spiritualiste de la tradition initiatique.

Après avoir assumé les fonctions de Vénérable de son atelier « Les Amis du Progrès » sans jamais s’investir dans la « voie substituée », il va, avec l’aide de son ami et F. Camille SAVOIRE, tenter sans succès de restaurer la voie traditionnelle en proposant de réintroduire au sein du Grand Orient de France la pratique du Rite Ecossais Rectifié.

Pendant toute la durée de son appartenance jusque pendant son vénéralat, il est resté le tenant d’une conception rattachant les origines de la Franc-Maçonnerie à l’Ordre ancien des Bâtisseurs de Cathédrales, en distinguant toutefois le cléricalisme de la religion.

Malgré ses efforts répétés, il allait se rendre compte dans les années 1910 que le Rite Ecossais Rectifié, en raison de sa mystique particulière, ne serait pas toléré au sein du Grand orient de France qui, en 1877, avait effacé de ses Constitutions toute référence au Grand Architecte de l’Univers.

C’est dans ces conditions qu’après de multiples tentatives pour préserver l’union de l’obédience française, celui que Jean BAYLOT désigna comme « le restaurateur et le mainteneur de la régularité » réveilla avec trois autres FF. une loge en sommeil, « Le Centre des Amis », pour rétablir la chaîne d’union universelle rompue en 1877.

La rupture s’impose en Septembre 1913, Edouard de RIBAUCOURT observant qu’une obédience ne peut compter sur la fidélité de ses ateliers que si elle tient ses engagements vis à vis d’eux. La fidélité au rite prime la fidélité à l’obédience parce que ce rite symbolise  l’état d’une condition et d’une foi intangibles».

Il fut le premier Grand Maître de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises.

Il quitta sa charge en 1919 pour se consacrer aux Hauts Grades du Rite Ecossais Rectifié et rejoignit l’O. éternel 14 Août 1936 entouré des siens…Son ami Camille SAVOIRE écrira ce soir là: «une belle après midi qu’illuminait un radieux soleil…la nature semblait avoir voulu revêtir sa plus belle parure pour honorer, une dernière fois, le sage qui l’avait tant aimée et dont la mort fut semblable au soir d’un beau jour.»

En évoquant la vie de ce maçon intègre, emblématique de la Franc-Maçonnerie régulière, père de la G.L.N.F., on est frappé par le décalage qui s’est opéré entre sa conception fondatrice et la pratique actuelle : on est obligé de constater que les valeurs qui faisaient de la G.L.N.F. un Ordre et non une obédience sont contestées, altérées par divers phénomènes d’usure et de nouveaux paradigmes qui nous obligent, au risque de voir notre organisation se détruire, à repenser nos fondements, nos constitutions et nos modalités de fonctionnement, lesquels n’ont plus rien à voir avec la profondeur que sous-entend la notion d’ordre.

La G.L.N.F. devient tous les jours d’avantage une association qui s’éloigne de plus en plus du sacré et de nos buts ultimes.

Nos responsables ont voulu marquer une rupture avec une tradition ininterrompue et ont porté un coup fatal à l’édifice qu’il fallait repenser, à la lueur de ce qui nous est arrivé ces cinquante dernières années, reconstruire et réadapter en tirant les leçons que les événements récents et actuels nous imposent.

  • Un siècle plus tard, quelle maçonnerie pratiquons-nous au sein de la G.L.N.F.?…
  • Un siècle plus tard, que reste-il de la conception fondatrice de nos anciens?…
  • Un siècle plus tard, nos Constitutions, nos structures et nos modalités de fonctionnement sont-elles toujours adaptées ou faut-il au contraire les repenser?…
  • Un siècle plus tard, comment évoluer sereinement, efficacement, dans un environnement instable, pour préserver le caractère sacré et le but ultime de l’initiation maçonnique?..

L’éveil des consciences à ces problématiques est l’objectif déclaré de ce site.

Nous exclurons, dans nos échanges, toute polémique et privilégierons l’équité, le bon sens et la vérité; nous prohiberons, dans vos commentaires, l’anonymat; nous privilégierons le courage lorsqu’il faudra poser les vraies questions.

Ce site est un chantier que nous ouvrons à tous les FF. de bonne volonté, désintéressés, généreux et surtout désireux de pratiquer l’Art Royal.

S’inscrivant dans la tradition initiatique, la F.M. puise ses racines aux aurores de l’humanité.

Ouvrant l’esprit à la «connaissance» dans son acception la plus large, la F.M. est une voie originale pour ceux qui sont en quête d’absolu…qui s’interrogent sur la nature intime des choses, sur l’essence de l’âme humaine et sur l’existence de Dieu.

Eveillant dans nos consciences le sens du Beau, du Juste et du Vrai, la F.M. permet de se parfaire et de s’élever.

Aspirant au dépassement de soi et à la libération de l’esprit, elle est une école de tolérance admettant en ses ateliers des modes de penser, d’agir et des sentiments différents.

Cette Maçonnerie n’a pas de commencement et n’a pas de fin…Elle n’a pas de temps profane et n’a pas de frontière…Elle transcende tout pour exalter l’humain de l’humain.

Cette Maçonnerie ne se limite pas à un décorum, à des pratiques magico-religieuses, à un langage spécifique ou la mémorisation de définitions d’un dictionnaire des symboles dont la récitation ouvrirait la perspective de grades ou degrés.

Elle est dans la quiétude des loges où chaque F. vient à « rencontre », elle est dans l’inexprimable tendresse et franchise que dit le regard, elle est dans le geste qui signe la « reconnaissance » en l’autre, de notre fraternité.

Cette Maçonnerie ne naît pas de telle ou telle association…elle naît de la quête intime de nous-mêmes, de l’union des coeurs, du bonheur d’être.

L’enjeu de notre engagement et de la présente réflexion est immense: promouvoir cette maçonnerie, en favoriser l’exercice et en permettre la transmission.

La tâche est immense et votre aide, votre soutien, vos propositions, vos remarques, votre fraternelle affection nous seront très précieux.

Le Collectif Edouard de RIBAUCOURT